La France comptait 40 804 distributeurs automatiques de billets en activité fin 2025, contre 42 578 un an plus tôt. Les banques resserrent leur parc et les commerçants sont de plus en plus sollicités pour prendre le relais.
Un distributeur automatique de billets est un automate en libre service qui délivre des espèces au public à partir d'un compte bancaire. Cette page explique qui a le droit d'en mettre un en service, ce que le matériel coûte, ce qu'il rapporte, où l'installer, et comment il s'entretient au quotidien.
- Peut-on devenir propriétaire d'un distributeur automatique de billets ?
- Acheter le matériel reste possible, mais le mettre en service seul ne l'est pas. L'alimentation en billets et le raccordement au réseau de paiement passent obligatoirement par un opérateur agréé par l'ACPR.
- Combien rapporte un distributeur de billets à un commerçant ?
- La rémunération vient d'un contrat avec l'opérateur, pas d'une part des frais de retrait. Elle prend la forme d'une redevance d'hébergement ou d'une commission liée au nombre de retraits constatés sur le site.
- Combien coûte un distributeur automatique de billets ?
- Aucun opérateur français ne publie de grille tarifaire. Le montage courant est un forfait de location mensuel qui couvre l'automate, le transport de fonds, la maintenance technique et la connexion au réseau de paiement.
- Qui entretient un distributeur automatique de billets ?
- L'opérateur assure les niveaux de maintenance technique, le chargement des billets et la fourniture des tickets. Le commerçant nettoie la façade, garde l'accès dégagé et signale toute anomalie constatée.
Sommaire
- Devenir propriétaire d'un distributeur de billets
- Le cadre légal de la distribution de billets
- Les trois montages accessibles à un commerçant
- Ce que rapporte un distributeur de billets
- Où installer le distributeur de billets
- La sécurité du distributeur et du local
- L'entretien courant et le contrat de maintenance
- Fiche technique des automates de retrait
- Les plafonds et les frais de retrait au distributeur
- Trouver un distributeur de billets près de chez soi
- Le marché français du DAB en chiffres
- Ce qui change pour les commerçants d'ici 2027
- Rapports et documents officiels à télécharger
- Questions fréquentes
Devenir propriétaire d'un distributeur de billets
Rien n'interdit d'acheter un automate. Ce qui est encadré, c'est de le remplir de billets et de le brancher au réseau bancaire. Ces deux opérations relèvent d'un opérateur agréé, et un automate acheté seul reste une coque inutilisable.
Le commerçant qui accueille un distributeur automatique de billets, ou DAB, n'en devient donc pas le gestionnaire. Il en devient l'hôte. Il fournit le mur, l'électricité, la ligne de communication et la fréquentation. L'opérateur fournit l'automate, les billets, le raccordement, la maintenance et la responsabilité réglementaire.
| Élément | À la charge du commerçant | À la charge de l'opérateur |
|---|---|---|
| Automate | Aucune, sauf achat négocié à part | Fourniture, installation, remplacement |
| Billets | Aucune, l'accès au coffre lui est fermé | Chargement par transporteur de fonds |
| Transactions | Aucune | Autorisation, débit du compte client, compensation |
| Local | Emplacement, gros œuvre, autorisations | Étude technique préalable |
| Réseaux | Alimentation électrique et arrivée télécom | Connexion au réseau de paiement, télésurveillance |
| Consommables | Aucune | Tickets et bande journal |
Le modèle américain ne s'applique pas en France
De nombreux contenus en ligne, souvent traduits du marché américain, décrivent un modèle où l'entrepreneur achète une machine, la remplit de billets et encaisse une part des frais de retrait. Ce montage ne correspond à rien en France. Charger un automate en billets destinés au public suppose une convention avec la Banque de France, et le pilotage des transactions suppose un agrément. Un commerçant ne remplit aucune de ces deux conditions.
Repère historique
Le premier distributeur automatique de billets au monde est mis en service le 27 juin 1967 dans l'agence Barclays d'Enfield, au nord de Londres, avec un plafond de retrait de dix livres sterling. La France suit dès 1968, avec un appareil installé rue Auber à Paris par la Société marseillaise de crédit. Le code à quatre chiffres, lui, n'a jamais changé.
Le cadre légal de la distribution de billets
Le retrait d'espèces est un service de paiement. C'est ce que dit l'article L. 314-1 du code monétaire et financier. Rendre ce service en métier suppose donc un agrément. Il est délivré par l'ACPR, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, adossée à la Banque de France.
L'agrément ACPR et son exception
Le même article prévoit une exception, à son III 5°. Un prestataire qui gère des retraits pour le compte de banques émettrices de cartes échappe au statut. Il doit remplir trois conditions.
- Il agit pour le compte d'autres, pas en son nom propre.
- Il n'est pas partie au contrat qui lie le client à sa banque.
- Il n'est pas lui-même prestataire de services de paiement.
Dans ce cas, il doit afficher tous les frais avant le retrait. En pratique, les opérateurs qui installent des automates chez les commerçants sont des établissements de paiement agréés. Avant de signer, vérifiez l'agrément du prestataire qui vous démarche. Le registre est public et gratuit.
La convention Banque de France sur les billets
Un second texte encadre les billets eux-mêmes. La convention type relative à la distribution, au moyen d'automates en libre service, de billets non directement prélevés auprès d'une banque centrale de l'Eurosystème définit son signataire en une ligne : « Opérateur : un établissement de crédit ou un établissement de paiement distribuant des billets au moyen d'automates en libre service ».
Les billets rechargés dans un automate passent d'abord par deux contrôles automatiques. Une authentification, pour écarter les faux. Un tri qualitatif, pour écarter les billets trop usés. L'opérateur les réalise lui-même ou les confie à un prestataire, lui aussi sous convention avec la Banque de France.
Le tri qualitatif suit douze critères fixés par la Banque centrale européenne : salissure, tache, graffiti, billet délavé, déchirure, trou, mutilation, billet réparé, froissement, flaccidité, pliure et corne. Un billet écorné sur plus de 130 mm² est retiré de la circulation.
Un tri manuel reste toléré en cas d'événement exceptionnel, par du personnel formé. Il ne doit pas dépasser 5 % du volume distribué par l'ensemble des automates de l'opérateur en France.
Quatre règles à retenir
- Vous ne touchez jamais aux billets destinés à l'automate, et l'accès au coffre ne vous appartient pas.
- Votre contrat vous lie à un établissement de paiement, pas à un fabricant de machines.
- La responsabilité en cas de billet contrefait ou de transaction litigieuse pèse sur l'opérateur.
- Un prestataire qui vous propose de charger vous-même la machine sort du cadre légal, et le contrat qu'il présente n'a aucune valeur.
Les trois montages accessibles à un commerçant
Trois dispositifs permettent à un commerce de délivrer des espèces à sa clientèle. Ils n'ont ni le même coût, ni le même plafond, ni le même cadre juridique. Les confondre conduit à demander à un opérateur de DAB ce que seule une banque peut fournir.
- Automate fourni et piloté par un prestataire agréé
- Accessible à tous les porteurs de carte
- Fonctionne en continu si l'automate est en façade
- Suppose un volume de retraits suffisant pour intéresser l'opérateur
- Le commerçant est mandaté par une banque et délivre les espèces en caisse
- Réservé aux clients du réseau qui l'a mandaté
- Aucun matériel spécifique, aucun gros œuvre
- Retrait possible sans achat associé
- Ouvert à tout commerçant qui le souhaite, sans mandat bancaire
- Un achat par carte d'au moins 1 euro est obligatoire
- Plafond de 60 euros remis en espèces
- Affichage obligatoire près du terminal de paiement
Le point de retrait bancaire sur mandat
Le point de retrait bancaire recouvre en France quatre réseaux, et un même commerçant peut en cumuler plusieurs. Il s'agit des points Nickel de BNP Paribas, des relais du Crédit Agricole, des points relais du Crédit Mutuel et des points de contact de La Banque Postale, qui comprennent les agences postales communales et les relais poste commerçants. La délivrance d'espèces s'effectue aux heures d'ouverture du commerce, et aucun achat n'est exigé.
Le cash back, seul dispositif sans partenaire
Le retrait d'espèces à l'achat repose sur l'article L. 112-14 du code monétaire et financier. Le décret du 24 décembre 2018 en fixe les bornes à l'article D. 112-6 : montant minimal d'achat de 1 euro, montant maximal d'espèces remises de 60 euros. Le service reste réservé aux clients agissant à des fins non professionnelles, à leur demande formulée avant le paiement, et uniquement sur un règlement par carte.
Un arrêté du 29 janvier 2019 impose un affichage à proximité des terminaux de paiement ou du lieu d'encaissement. Quatre mentions y figurent obligatoirement.
- Les instruments de paiement acceptés ou refusés pour l'opération.
- Le montant minimal de l'achat associé, soit 1 euro.
- Le montant maximal remis en espèces, soit 60 euros.
- Le caractère gratuit ou payant du service et, s'il est payant, les frais et commissions toutes taxes comprises.
Le non-respect de ces prescriptions expose à une contravention de la 5e classe, soit 1 500 euros. Le décret du 24 décembre 2018 donne le texte complet du dispositif.
Ce que rapporte un distributeur de billets
Le distributeur rapporte deux choses au commerce qui l'accueille. D'abord une rémunération versée par l'opérateur. Ensuite un flux de clientèle supplémentaire, difficile à chiffrer, mais réel quand l'automate est le seul du secteur.
Le second effet est le même que pour un automate de vente. Nos repères de calcul figurent dans le guide sur la rentabilité d'un distributeur automatique.
La rémunération de l'hébergeur
Elle ne vient pas d'une part des frais de retrait payés par le porteur de carte. Elle vient du contrat signé avec l'opérateur, et elle prend l'une de deux formes. Soit une redevance d'hébergement fixe, versée en contrepartie de la mise à disposition de l'emplacement. Soit une commission variable, indexée sur le nombre de retraits effectués sur l'automate.
Le point de bascule tient au trafic. Au-delà d'un certain volume mensuel, la commission rapporte plus que le forfait. Faites écrire ce seuil dans la proposition commerciale avant de choisir.
Demandez aussi le mode de comptage. Un retrait refusé pour solde insuffisant n'est pas un retrait abouti, et tous les contrats ne le disent pas.
Côté comptabilité, cette redevance est un produit accessoire de votre activité. Elle se déclare comme tel. Si vous tenez vos comptes vous-même, un outil comme Indy la rattache au bon poste. Les autres démarches sont détaillées dans notre guide pour monter une entreprise de distribution automatique.
Les coûts qui restent à votre charge
Aucun opérateur français ne publie de grille tarifaire. Le chiffrage se fait après visite du local. Il dépend de trois choses : la fréquentation attendue, la distance au dépôt du transporteur de fonds, et l'ampleur du gros œuvre.
La structure des coûts, elle, ne change pas d'un opérateur à l'autre. Le raisonnement rejoint celui des autres automates, détaillé dans notre comparatif achat, location ou dépôt gratuit.
| Poste | Nature | Qui le supporte en formule locative |
|---|---|---|
| Automate | Investissement ou loyer | Opérateur, refacturé dans le forfait |
| Gros œuvre | Percement de façade, coffrage, reprise de maçonnerie | Commerçant, le plus souvent |
| Électricité | Ligne dédiée, protection différentielle | Commerçant |
| Télécommunications | Liaison sécurisée vers le réseau de paiement | Opérateur pour le service, commerçant pour l'arrivée |
| Transport de fonds | Rotations de chargement | Opérateur |
| Maintenance technique | Interventions préventives et curatives | Opérateur |
| Télésurveillance et alarme | Détection d'intrusion et d'arrachement | Partagé selon contrat |
| Assurance | Extension de la police du local | Commerçant, pour son bâtiment |
Trois clauses à faire écrire avant signature
- La durée d'engagement réelle, reconduction tacite comprise, et les conditions de sortie anticipée.
- Le sort du gros œuvre en fin de contrat : qui rebouche la façade et qui paie la remise en état.
- Le délai d'intervention en cas de panne et ce qui se passe si l'automate reste hors service plusieurs jours.
Où installer le distributeur de billets
L'emplacement idéal n'est pas forcément à proximité d'une banque. Ce qui compte, c'est le passage réel devant la façade, l'absence d'automate concurrent à quelques centaines de mètres, et la faisabilité technique du raccordement.
Un distributeur en façade ne nécessite pas d'autorisation d'occupation du domaine public. Le ministère de l'Économie cite expressément les distributeurs automatiques bancaires situés en façade et accessibles directement depuis le domaine public parmi les cas où l'autorisation d'occupation temporaire n'est pas obligatoire. L'automate est encastré dans le mur, donc dans une propriété privée. Seul l'utilisateur se tient sur le trottoir, le temps de son retrait.
Les automates installés avant juin 2025 ont un délai
Un automate mis en service avant le 28 juin 2025 peut continuer à servir. La limite est la fin de sa vie utile, et au maximum quinze ans après sa mise en service. Un parc existant n'a donc pas à être remplacé du jour au lendemain.
Une seconde exemption vise les entreprises de moins de 10 salariés dont le chiffre d'affaires reste sous 2 millions d'euros. Aucune obligation d'accessibilité ne pèse sur elles comme prestataires de services. Le détail figure sur la fiche pratique de la DGCCRF.
Le stationnement du fourgon de transport de fonds est le point que les commerçants anticipent le moins. Un local dont l'accès impose de traverser une rue piétonne ou de porter les cassettes sur plusieurs dizaines de mètres est écarté par l'opérateur, quelle que soit la fréquentation. Les mêmes contraintes d'accès et de passage sont détaillées dans notre guide sur le choix de l'emplacement d'un automate.
La sécurité du distributeur et du local
La sécurité d'un automate relève de l'opérateur pour la machine, et du commerçant pour son local. Le partage est net, mais les deux se rejoignent sur un point : c'est l'occupant du lieu qui constate les anomalies en premier, souvent plusieurs heures avant le prochain passage d'un technicien.
Le rapport 2024 de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, rédigé avec la Gendarmerie et la Police nationale, relève une forte baisse des piratages de terminaux de paiement et de retrait sur les dernières années. Il maintient néanmoins un appel à la vigilance adressé aux gestionnaires de distributeurs et aux commerçants.
Repérer une altération du lecteur ou du clavier
Deux techniques visent les automates. Le skimming copie les données de la piste magnétique au moyen d'un dispositif glissé dans la fente. Le shimming, plus complexe et donc plus rare, intercepte les données de la puce elle-même. Les deux supposent l'ajout d'un élément qui ne faisait pas partie de la machine à sa mise en service.
Signes d'un automate altéré
- Une pièce rapportée sur la fente du lecteur, d'une teinte ou d'un relief légèrement différent du reste de la façade.
- Un élément qui bouge quand on le saisit, alors que la façade d'origine est solidaire du bâti.
- Des traces de colle, des rayures fraîches ou des vis dépareillées autour du lecteur ou du clavier.
- Un objet ajouté face au clavier, boîtier, miroir déplacé ou support publicitaire qui n'était pas là la veille.
- Un cache clavier qui dépasse du plan de la façade ou qui offre une résistance inhabituelle à la frappe.
Au moindre doute, prévenez l'opérateur par le numéro d'assistance figurant au contrat, puis déposez plainte. Ne démontez rien et n'ouvrez pas l'automate. L'intérieur du lecteur et du coffre relève du technicien habilité, et une intervention du commerçant engagerait sa responsabilité en cas de contestation ultérieure sur une transaction.
Orienter et entretenir la vidéosurveillance
Une caméra mal orientée ne sert à rien le jour où elle devrait servir. Elle se déplace au nettoyage, ou sous la main d'un tiers, et personne ne s'en aperçoit tant qu'aucun incident ne survient.
Vérifiez le cadrage à intervalle régulier, nettoyez l'objectif avec un chiffon prévu pour l'optique, et contrôlez que l'éclairage de la façade fonctionne la nuit. Une image nette conditionne l'exploitation des enregistrements par les services de police. Nos repères sur la protection d'un automate en point de vente figurent dans le dossier sur la protection d'un distributeur contre le vol.
Protéger l'automate des conditions extérieures
Un automate en façade est conçu pour fonctionner dans une plage de température et d'humidité donnée, avec sa ventilation et son coffrage. Le protéger revient à respecter ces conditions, pas à improviser une couverture de fortune. Une bâche posée sur un automate en service bloque la ventilation et l'écran, sans améliorer l'étanchéité.
Ce qui relève du commerçant tient en trois points : garder les grilles de ventilation dégagées, signaler toute infiltration ou condensation visible sur l'écran, et faire remonter à l'opérateur les épisodes climatiques qui sortent des conditions normales du site. Le reste, chauffage de cabine compris, se traite dans les spécifications du constructeur et dans le contrat de maintenance.
Au quotidienL'entretien courant et le contrat de maintenance
La maintenance d'un distributeur de billets se répartit sur trois niveaux, désignés N0, N1 et N2 dans les contrats. Le commerçant n'intervient qu'au niveau le plus superficiel, celui qui ne suppose aucune ouverture de la machine.
Ce qui revient au commerçant
Le travail se limite à la façade et à ses abords. Il ne demande ni outillage, ni produit spécifique, et il se fait en quelques minutes lors de l'ouverture du commerce.
La routine d'ouverture, en cinq gestes
- Essuyer l'écran, le clavier et le contour du lecteur avec un chiffon doux et sec, sans produit ni projection de liquide.
- Vérifier que l'éclairage de la façade et le rétroéclairage de l'écran fonctionnent.
- Contrôler visuellement la fente du lecteur et le pourtour du clavier, en suivant les signes listés plus haut.
- Dégager l'approche de l'automate, sans présentoir, palette ni véhicule stationné devant.
- Relever tout message d'erreur affiché à l'écran et le signaler avant la fin de la journée.
Trois gestes reviennent souvent dans les conseils trouvés en ligne et n'ont pas leur place ici. Souffler de l'air comprimé à l'intérieur de la machine déplace la poussière vers des composants sensibles. Lubrifier les rouleaux d'entraînement sans consigne du constructeur risque d'encrasser le mécanisme de comptage. Ouvrir le lecteur de carte pour l'inspecter est à la fois inutile et contraire au contrat.
Ce qui revient au technicien
Tout ce qui suppose l'ouverture d'une porte de la machine relève d'un intervenant habilité, mandaté par l'opérateur. Le chargement des cassettes est assuré par le transporteur de fonds, l'entretien des mécanismes internes et le remplacement des pièces d'usure par le technicien.
| Opération | Fréquence usuelle | Intervenant |
|---|---|---|
| Nettoyage de la façade | Quotidienne | Commerçant |
| Contrôle visuel anti-altération | Quotidienne | Commerçant |
| Chargement des cassettes de billets | Selon consommation | Transporteur de fonds |
| Remplacement des tickets et de la bande journal | Selon consommation | Opérateur |
| Entretien du lecteur et des mécanismes | Préventive, programmée | Technicien habilité |
| Mise à jour logicielle et sécurité | À distance | Opérateur |
| Dépannage après panne | Sur appel | Technicien habilité |
Un planning d'entretien reste utile même quand tout est confié à un prestataire. Il sert à vérifier que les visites prévues au contrat ont bien eu lieu, et à documenter les incidents en cas de litige sur le délai d'intervention. Notre dossier sur les contrats de gestion et de maintenance détaille les clauses à comparer.
Fiche technique des automates de retrait
La convention Banque de France définit une catégorie plus large que le seul DAB : « tout matériel automatique en libre service remplissant notamment la fonction de délivrance de billets au public sans reconnaissance contradictoire ». Quatre types y entrent, et ils ne s'installent pas dans les mêmes contextes.
| Type d'automate | Fonction | Contexte d'installation |
|---|---|---|
| Distributeur automatique de billets | Retrait d'espèces uniquement | Commerces, galeries, zones de passage |
| Guichet automatique bancaire | Retrait, dépôt, consultation, remise de chèques | Agences bancaires et sas d'agence |
| Automate recyclant en libre service | Redistribue au public les billets déposés | Sites à forte remise d'espèces |
| Automate de retrait avec vérification | Délivrance avec contrôle complémentaire | Configurations spécifiques d'opérateur |
Les sigles se confondent dans le langage courant. Un DAB délivre des billets et rien d'autre. Un GAB, pour guichet automatique bancaire, ajoute les opérations de compte, ce qui suppose un raccordement au système d'information de la banque et explique qu'on ne le trouve pas chez un commerçant.
Les trois modes d'implantation
- En façade, l'automate traverse le mur et sert depuis l'extérieur. Il fonctionne en dehors des heures d'ouverture, mais impose un percement et un coffrage.
- En intérieur, l'automate est posé dans la surface de vente ou dans un sas. Pas de gros œuvre, mais un service limité aux horaires du commerce.
- En îlot, l'automate est adossé à une structure autoportante, en galerie marchande ou en hall. La solution demande une arrivée électrique et un ancrage au sol renforcé.
Les trois mesures à relever avant d'appeler
La nature du mur commande la faisabilité d'une installation en façade. Un mur porteur en pierre, un immeuble classé ou une façade en secteur sauvegardé rendent le percement soit impossible, soit disproportionné par rapport au produit attendu.
Relevez trois données avant l'appel : l'épaisseur du mur, la présence d'un local technique derrière la façade, et la distance jusqu'au tableau électrique. Elles suffisent à l'opérateur pour dire si le site est éligible.
Si le mur ne s'y prête pas, un automate de vente reste possible en intérieur, sans percement. C'est le cas des distributeurs de produits frais et de repas, qui demandent une prise de courant et un sol stable.
Côté clientLes plafonds et les frais de retrait au distributeur
Aucune loi ne fixe de plafond de retrait. C'est votre convention de compte qui le fait, et elle varie d'une banque à l'autre. La même règle vaut pour les frais.
Ces questions reviennent en boucle dans les recherches. Les réponses officielles tiennent en quelques lignes, et elles corrigent deux idées fausses très répandues.
Les plafonds fixés par votre banque
Le type de carte commande d'abord ce que vous pouvez faire. Une carte de retrait ne fonctionne que dans les distributeurs de votre propre banque. Une carte bancaire fonctionne dans tous les distributeurs.
Dans les deux cas, le montant est plafonné par la convention de compte signée avec votre banque. Retirer 2 000 euros au distributeur est donc possible ou non selon votre contrat, pas selon une règle nationale. Pour un montant important au guichet, l'agence exige parfois d'être prévenue un à deux jours à l'avance.
Le plafond de 1 000 euros ne concerne pas les retraits
Le plafond de 1 000 euros dont tout le monde parle ne concerne pas les retraits. Il vise les paiements en espèces à un professionnel, et il figure à l'article D. 112-3 du code monétaire et financier. Retirer son propre argent et régler un achat en liquide sont deux opérations différentes, soumises à deux règles différentes.
Les frais de retrait hors réseau
Un retrait dans un distributeur de votre banque est en principe gratuit. Un retrait dans le distributeur d'une autre banque est facturé si votre convention de compte le prévoit. Le nombre de retraits gratuits par mois y figure également.
À l'étranger, la règle dépend de la zone. Dans les pays de la zone euro, les conditions tarifaires sont les mêmes qu'en France. Hors zone euro, une opération de change s'ajoute, avec une commission. Le taux et la commission doivent apparaître sur votre relevé de compte.
Carte avalée ou billets non repris
- Carte conservée par l'automate : en cas d'usage abusif des possibilités de paiement, la banque confisque la carte au moment du retrait. Les espèces ne sont alors pas délivrées.
- Billets oubliés dans la fente : l'automate les reprend quelques secondes après leur sortie. Adressez-vous à l'agence qui gère l'automate.
- Agence inaccessible : envoyez une réclamation écrite à la banque concernée, avec le relevé de compte prouvant le débit et le ticket de retrait si vous l'avez.
- Erreur confirmée : le remboursement intervient en quelques semaines.
Trouver un distributeur de billets près de chez soi
Il n'existe pas d'annuaire national qui liste tous les distributeurs adresse par adresse. Les outils disponibles se complètent, et aucun ne couvre tout. Voici ce que chacun donne réellement.
| Où chercher | Ce que vous obtenez | La limite |
|---|---|---|
| Cartographie Banque de France | Les sites équipés et les points de retrait, commune par commune | Le nom de l'opérateur n'est pas indiqué |
| Application de votre banque | Les automates du réseau et les frais applicables | Ignore les automates des autres banques |
| Données ouvertes publiques | Des relevés locaux, parfois très détaillés | Couverture partielle et données souvent anciennes |
| Commerçant mandaté | Un retrait en caisse, sans achat | Réservé aux clients du réseau qui l'a mandaté |
| Retrait à l'achat en caisse | Jusqu'à 60 euros chez tout commerçant volontaire | Un achat par carte est obligatoire |
La cartographie officielle de la Banque de France
C'est l'outil le plus fiable. La Banque de France publie chaque année une carte des points d'accès aux espèces à partir des données du Comité national des moyens de paiement.
Elle se décline en deux vues. La première localise les sites équipés d'au moins un automate et les points de retrait chez les commerçants. La seconde donne, commune par commune, le nombre de sites et de points présents. Les données portent sur la situation à fin 2025.
La carte n'indique pas à quelle banque appartient chaque automate. Elle dit s'il existe un point d'accès à cet endroit, rien de plus.
Les données ouvertes disponibles
La plateforme publique data.gouv.fr héberge plusieurs relevés de distributeurs. Le plus documenté est le jeu de données Distributeurs automatiques de billets, issu d'une cartopartie organisée par le département de l'Allier en mars 2018. Les habitants ont relevé eux-mêmes les automates de leur territoire, frontières départementales comprises.
Trois précautions avant de l'utiliser.
- La couverture est départementale, pas nationale. Elle porte sur l'Allier et ses communes limitrophes.
- La dernière mise à jour date du 1er juin 2018. La fiche signale elle-même que la fréquence de mise à jour n'est pas respectée.
- Les fichiers restent téléchargeables en trois formats, sous licence ouverte, ce qui en fait un bon point de départ pour construire son propre relevé local.
Pour un besoin ponctuel, la carte de la Banque de France reste plus sûre. Pour un projet d'implantation, croiser les deux donne une image plus fine du terrain.
Le marché français du DAB en chiffres
Le Comité national des moyens de paiement publie chaque année l'état des lieux de l'accès aux espèces. Les données à fin 2025 montrent un parc qui se contracte, sans que l'accessibilité recule.
| Indicateur | Fin 2024 | Fin 2025 |
|---|---|---|
| DAB en activité | 42 578 | 40 804 |
| Sites équipés d'au moins un DAB | 29 442 | 28 660 |
| Points de retrait en commerce | 28 479 | 30 057 |
| Communes équipées d'au moins un DAB | 6 531 | 6 504 |
| Population à moins de 15 minutes d'un DAB | 98,8 % | 98,6 % |
Le nombre de DAB recule de 4,2 % sur l'année, et le nombre de sites de 2,7 %. Dans le même temps, les points de retrait chez les commerçants progressent de 5,5 %, la plus forte hausse annuelle depuis 2020, et franchissent pour la première fois la barre des 30 000. La France compte désormais 7,4 DAB pour 10 000 habitants, et 12,9 en intégrant les points de retrait en commerce.
Le retrait des automates se concentre sur les zones denses. La baisse atteint 4,7 % dans les communes de plus de 5 000 habitants, contre 2,6 % dans les plus petites. Sous 1 000 habitants, le nombre de DAB progresse même de 2,5 %.
Ce contraste vaut pour toute la distribution automatique. Les dynamiques propres aux grandes agglomérations sont traitées dans notre page sur le marché parisien de la distribution automatique.
Ces chiffres se lisent commune par commune. La Banque de France classe les 34 816 communes de France métropolitaine en trois situations, et chacune ouvre un potentiel différent pour un commerce.
- 18,7 % des communes, 77,2 % de la population
- Un automate existe déjà à proximité
- C'est là que les banques ferment le plus
- Un projet de DAB hébergé y trouve peu de place
- 25,1 % des communes sans automate
- Un commerçant y est déjà mandaté par une banque
- La demande existe et elle est mesurée
- Le mandat bancaire y est la voie la plus courte
- 56,2 % des communes, 10,2 % de la population
- Aucun automate, aucun point de retrait
- 87 communes se sont équipées en 2025
- Le potentiel le plus net pour un commerce isolé
Le déséquipement urbain n'ouvre donc pas d'opportunité. Il traduit une baisse des retraits sur des sites déjà servis par plusieurs automates voisins.
PerspectiveCe qui change pour les commerçants d'ici 2027
Deux évolutions vont modifier les conditions d'accès des commerçants à la distribution d'espèces, et elles jouent dans le même sens.
La première est le nouveau service interbancaire de retrait en magasin, porté par le Groupement Cartes Bancaires. Les points de retrait en commerce sont aujourd'hui réservés aux clients de la banque qui a mandaté le commerçant, d'où leur appellation de points privatifs. Après une première phase d'expérimentation au second semestre 2026, le service sera déployé par différents réseaux bancaires à partir de 2027. Il suffira alors d'être porteur d'une carte CB d'une banque adhérente pour retirer chez un commerçant partenaire.
La seconde est la troisième directive européenne sur les services de paiement, déjà adoptée. Elle autorise le retrait d'espèces chez un commerçant sans achat, et sans mandat bancaire. Deux plafonds l'encadrent.
- Par retrait : un montant fixé par chaque État entre 100 et 150 euros.
- Par jour et par compte : au moins 200 euros, calibré selon le risque de blanchiment.
Pour un commerce, l'écart avec la situation actuelle est considérable. Le cash back plafonne aujourd'hui à 60 euros et impose un achat. Le futur cadre triple le plafond unitaire possible et supprime la condition d'achat, sans imposer les démarches d'un mandat bancaire.
Rapports et documents officiels à télécharger
Quatre documents publics couvrent le parc français, le cadre de l'alimentation des automates en billets et la fraude constatée sur les retraits. Ce sont les sources primaires citées dans cette page.
Rapport annuel du CNMP sur l'accessibilité aux retraits d'espèces en France métropolitaine. Il donne le parc exact d'automates et de points de retrait en commerce, leur évolution sur un an, la répartition par taille de commune et les indicateurs d'éloignement à 5, 10 et 15 minutes. Un encadré détaille le futur service interbancaire de retrait en magasin et les plafonds prévus par la troisième directive sur les services de paiement.
Ce que vous y trouverez : les 40 804 automates et 30 057 points de retrait à fin 2025, le nombre de communes équipées par tranche de population, et les 87 communes primo-équipées dans l'année.
Télécharger le PDFContrat type que signe tout opérateur souhaitant alimenter des automates avec des billets non prélevés directement auprès d'une banque centrale. Le document définit l'opérateur comme un établissement de crédit ou un établissement de paiement, fixe les obligations d'authentification et de tri qualitatif des billets, encadre le recours à un prestataire de traitement et prévoit les sanctions en cas de manquement.
Ce que vous y trouverez : la typologie officielle des automates en libre service, le plafond de 5 % de billets triés manuellement, et les déclarations semestrielles dues à la Banque de France.
Télécharger le PDFRapport remis au ministre de l'Économie et transmis au Parlement. Il mesure l'usage et la fraude de chaque moyen de paiement, avec une ligne dédiée aux retraits par automate. Un encadré rédigé avec la Gendarmerie et la Police nationale traite spécifiquement des piratages de terminaux de paiement et de retrait, décrit les techniques de skimming et de shimming, et note leur forte baisse ces dernières années.
Ce que vous y trouverez : le taux de fraude sur les retraits par automate à 0,031 %, la part des retraits dans les opérations par carte, et les points de vigilance adressés aux gestionnaires d'automates.
Télécharger le PDFSecond contrat type du dispositif, celui que signe le prestataire qui compte, authentifie et trie les billets pour le compte d'un opérateur. Il fixe les moyens à mettre en œuvre, les procédures écrites obligatoires, les déclarations statistiques et les contrôles sur place de la Banque de France, inopinés sauf circonstances particulières. Ses appendices reproduisent les normes de remise en circulation adoptées par la Banque centrale européenne.
Ce que vous y trouverez : les douze critères de tri qualitatif avec leurs seuils en millimètres, les trois catégories de classement des billets, et le délai de 20 jours ouvrables pour remettre un billet douteux.
Télécharger le PDFQuestions fréquentes
Un particulier peut-il acheter un distributeur automatique de billets ?
Quel est le prix d'un distributeur automatique de billets ?
Comment fonctionne un distributeur de billets ?
Quelle différence entre un DAB et un GAB ?
Combien rapporte un distributeur de billets à un commerçant ?
Faut-il une autorisation pour installer un DAB en façade ?
Qui entretient et approvisionne le distributeur ?
Combien peut-on retirer chez un commerçant sans distributeur ?
Puis-je retirer 2 000 euros au distributeur ?
Quels sont les frais de retrait à un distributeur ?
Pourquoi les banques suppriment-elles des distributeurs de billets ?
Qu'est-ce qui va remplacer les distributeurs de billets ?
Comment trouver un distributeur de billets autour de moi ?
À retenir
- Acheter un automate est possible, le mettre en service seul ne l'est pas. Le commerçant héberge, il ne gère pas.
- L'alimentation des automates en billets est réservée aux établissements de crédit et de paiement, selon la convention type de la Banque de France.
- Trois montages existent : le DAB hébergé, le point de retrait bancaire sur mandat et le cash back en caisse.
- Le cash back plafonne à 60 euros et impose un achat par carte d'au moins 1 euro.
- La rémunération vient du contrat avec l'opérateur, sous forme de redevance fixe ou de commission par retrait.
- Un automate en façade est dispensé d'autorisation d'occupation du domaine public, contrairement à un automate posé sur le trottoir.
- L'entretien du commerçant se limite à la façade. Toute ouverture de la machine relève d'un technicien habilité.
- Les signes d'un automate piégé sont toujours des ajouts visibles sur le lecteur, le clavier ou la façade.
- La France compte 40 804 DAB fin 2025, en baisse de 4,2 %, et 30 057 points de retrait en commerce, en hausse de 5,5 %.
- À partir de 2027, la troisième directive permettra le retrait sans achat, avec un plafond unitaire de 100 à 150 euros.